Le lin, du Trégor à l'Amérique du Sud
Autrefois en Bretagne, la mer n'était pas seule l'été à opter pour la couleur bleue.
La campagne aussi. Les délicates fleurs bleues du lin ondulaient dans la brise
qui balayait la péninsule, de juin jusqu'en juillet-août.

Originaire d'Anatolie, cette plante à usage multiple (alimentation/ textile: vêtements d'été car la fibre est très tôt réputée combattre certaines maladies de peau, voiles et cordages des navires/pharmacopée) apprécie les terres légères et humides de la Bretagne. Introduite par Charlemagne, elle imprima de profondes marques dans ses paysages et l'Histoire de toute la moitié nord du pays.

la fameuse tapisserie de Bayeux fut réalisée au XIIIe siècle sur une toile de lin
de 70 mètres de long pour 54cm de large, un bel exploit de broderie.
Présent au Moyen–âge dans toutes les fermes bretonnes, le lin entre dès les XIVe et XVe siècle dans l’ère du commerce international. Tissées dans le Centre Bretagne les toiles appelées "les bretagnes" quittent les ports du Léon pour l’Angleterre, au retour les bateaux sont chargés de laine anglaise.
Au XVIe siècle l'organisation de la filière lin devient plus complexe, les semences arrivent des ports hanséatiques de Courlande (actuelle Estonie); déchargées à Roscoff, elles étaient semées en Mars dans les fermes du Trégor ; à partir de juillet, la plante était arrachée et trempée dans les ruisseaux pour séparer la fibre du "bois".

ancien bassin de rouissage du lin à Ploezal (22)
Dans le Léon, les cours d’eau étaient pollués à tel point que les liniculteurs de l’époque se faisaient pardonner en "donnant" à l’église ; les magnifiques enclos paroissiaux de granit sculpté verront ainsi le jour à Morlaix, à St Thégonnec, Pleyber-Christ, entre autre. Les armateurs des ports de Morlaix, de St Malo s'enrichirent aussi au commerce de cette production vers l'étranger. Aux XVIIe-XVIIIe siècles l'apogée, 85% des toiles de lin étaient destinées à l'exportation: Espagne, Angleterre, colonies espagnoles en Amérique du Sud.
Fibre légère également, le coton a largement supplanté le lin dès le début du XXe siècle. Lui aussi développé à outrance est cause de dégâts importants dans les régions de culture.
Les générations actuelles redécouvrent les qualités du lin ; les irrégularités de sa fibre lui confèrent une désinvolture et un charme naturel plutôt rafraîchissant ces derniers jours. 120% LINO en a fait sa principale matière première. Chaque été la maison propose une ligne simple, raffinée, colorée dont nous sélectionnons quelques modèles.

chiffonée moi ?
