du lait à fleur de peau
Revenons sur terre, même sur le plancher des vaches où sont nées les premières fibres textiles dont nous nous couvrons depuis l'Antiquité (végétales : lin, coton ou animales : laine, soie, parmi les traditionnelles).
Il en est une qui prête à sourire quand nous présentons la composition des polos d'AG-LAB :
65% coton - 35% protéïne de lait.

Pourquoi ? serait-ce parce-qu'elle évoque la douceur du lait de l'enfance ?
ou qu'elle semble un peu trop écolo. pour être vraie ? à première vue trop familière pour être sérieuse ?
Cette fibre issue de la caséïne, principale protéïne du lait -des vaches- n'est dans les faits pas si nouvelle.
Inventée en 1906 par un chimiste allemand mais non industrialisée, reprise en 1935 par le chimiste italien Antonio Ferretti, le "lanital", ainsi appelée, a une structure moléculaire très similaire à celle de la laine, car constituée de kératine. Transformée en fibre par le processus de "polymérisation", la protéïne du lait peut ainsi être filée et tricotée.
Comme la laine elle bénéficie des propriétés de douceur, d'élasticité, de conservation de la chaleur, d'hydratation.
Les récents moyens technologiques la rendent en plus, résistante, anti-bactérienne
et même si cela ne se voit pas : génératrice d'ions négatifs, pour les puristes.
"cerise" sur le polo ou le pull .... les mites ne mangent pas de ce pain là.
D'un point de vue historique, le "lanital" fut industrialisé en Italie entre 1937 et la fin de la guerre. En pleine époque des sanctions économiques (l'Italie étant pays vaincu) et après la guerre d'Ethiopie, le régime fasciste donna une grande impulsion à cette fibre textile dans le cadre de l'autosuffisance des Italiens.
Aux Etats-Unis une fibre équivalente était aussi mise au point, l'aralac ; peu après suivirent le vicara protéïne issue du maïs, l'ardil de l'arachide, une autre du soja en Chine, du ricin.
Toutes ces fibres nouvelles seront abandonnées dans les années 50 au profit des synthétiques (ex.acrylique, nylon), du fait de l'immense et internationale confiance dans les multiples capacités de l'or noir (certes)

et l'homme de ces années-là de déraper sur une flaque visqueuse !?!!!
-qui rejette avec froideur bon nombre de matières premières naturelles jugées d'un autre temps,
-qui nie (la femme) son lait maternel protecteur au profit d'une poudre sans valeur immunitaire -Pouah!-
-qui rejette la diversité aux mille ouvertures vers le Futur,
-qui se lance avec une frénésie irresponsable à la poursuite d'un Progrès tape à l'oeil se révèlant maintenant destructeur.
Enfin,
côté fibre textile d'origine végétale, en voilà quelques-unes remises ou mises à jour. Issues du bambou, du hêtre (modal), du mais (ingeo), du bois de pin blanc (lenpur), que l'on rencontre peu à peu dans les boutiques (qui se donnent la peine
de chercher). Elles permettent d'éviter le "tout coton" et les dégâts causés par une mono-culture intensive gourmande en eau et pesticides

photo: récolte du coton en Ouzbékistan
ou l'élevage intensif de moutons à qui l'on prélève souvent trop tôt une laine nécessaire à leur bonne santé.
C'est clair comme du petit lait, demain matin, l'or ne sera ni noir ni blanc ni tout vert.
